Par Ahmed MAROUANI
Enseignant universitaire de philosophie
Institut Supérieur des Etudes Littéraires et des sciences Humaine, Tunis


S’il est vrai que la prétention téléologique de nombreux philosophes est de réaliser la cité la plus parfaite possible, il n’est pas moins vrai qu’ils ont trouvé dans la question de la propriété la pierre angulaire de l’accomplissement de la justice et de la paix dans cette dite cité.

L’attitude à l’égard de cette question a divisé ces sages (1) en deux grands cercles ; ceux qui voient dans la propriété commune la cause de tous les maux et des malheurs sociaux, et ceux qui ont trouvé en elle la voie du salut. Le débat de cette question n’est nullement, comme certains le croient, moderne dans la philosophie et l’économie, même s’il s’est davantage accentué au cours du dix-neuvième siècle (2) d’une manière assez flagrante. Cette question a requis, depuis les premiers commencements de la philosophie, une importance de taille : Platon et Aristote étaient, déjà, divisés à son égard.

La controverse entre ces deux grecs a donné, entre autres, deux écrits : la République et la Politique qui parlent, chacun à sa manière, de la question de la propriété. Dans la Politique Aristote critique la thèse platonicienne sur la communauté des biens.

 (1) En réalité cette question n’a pas retenu seulement l’attention des philosophes ; mais même le commun des mortels s’est prononcé, sûrement à sa manière, sur cette question apparemment idéologique mais fondamentalement philosophique.
(2) Avec l’apparition d’une théorie systématique sur le communisme en tant qu’« organisation éco-nomique et sociale dont la base est la propriété commune par opposition à la propriété privée ou individuelle qui doit être abolie, ainsi que la socialisation des moyens de production et de l’éducation… » thèses défendues dans Le manifeste (du parti) communiste, K. Marx et F. Engels, apparu en 1847.

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