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Approches de la philosophie de Platon, par Michel Liégeois

Ainsi parce qu’existent pour Platon ce monde des Idées et la possibilité, pour celui qui veut être l’ami de la Sagesse, de redécouvrir la vérité, la cité ne doit être laissée ni à l’immoralisme et l’intérêt matériel des sophistes, ni à l’injustice génerée par des sociétés déréglées qui produisent des industries de luxe, flattant les désirs les plus bas et suscitant jalousies et séditions.

Avec Platon, la philosophie ne s’arrête pas à une pure contemplation des essences et n’est pas ce discours coupé de tout rapport à la réalité, mais se donne bien comme cette réflexion rationnelle qui a pour fin les préoccupations quotidiennes des hommes en recherchant l’harmonie dans leurs rapports à l’intérieur de la cité.

Platon nous propose en effet un modèle de cité idéale, une Republique, qui aurait pour fin la justice et qui représente la critique des formes de gouvernements de son époque. Lui-même croyait à ce point à la possiblité de réaliser une telle société qu’il entreprit plusieurs voyages et démarches auprès des tyrans de Syracuse, mais à ses dépens et sans succès.
Au niveau individuel, la justice n’est autre que la répartition mesurée et harmonieuse de ces trois parties qui composent l’âme que sont les appétits, la volonté et l’esprit : si la tempérance représente la justice des appétits, le courage est la justice de la volonté et enfin la sagesse celle de l’esprit. Dès lors, la véritable justice au niveau du politique ne sera rien d’autre que cette tripartition de l’âme de chaque individu mais écrite à l’échelle de la société. La cité parfaite, nous dit Platon dans La République, sera composée de trois classes, celle des producteurs, celle des gardiens et celle des magistrats, chacune traduisant par analogie une des parties de l’àme : les producteurs ou artisans auxquels correspond la tempérance, les gardiens ou guerriers dont la fonction nécessite le courage, et les chefs ou magistrats qui doivent posséder la sagesse pour gouverner. Cette correspondance entre les fonctions principales de l’âme et les classes de la société propose ainsi une définition non arbitraire et objective de la justice idéale qui se trouve exprimée mathématiquement, chaque individu trouvant sa juste place selon son tempérament et l’éducation qu’il reçoit. L ’Etat idéal devra donc être dirigé par les philosophes rois, ou tout du moins par les aristocrates (au sens étymologique) qui, l’esprit tourné vers les Idées du monde intelligible, s’appliqueront à élaborer les meilleures lois possibles afin d’établir un ordre à l’intérieur duquel chaque citoyen puisse prétendre à une existence libre et juste.

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